Les souks d'Assouan
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  Visite des quartiers nubiens
   
 
     
...chassés de leurs terres ancestrales
  Les souks,  Assouan, EgypteCet après-midi, nous allons faire un tour en calèche dans les quartiers populaires d'Assouan.
Ces quartiers sont habités par des Nubiens. Ils ont été relogés ici après la mise en eaux du haut barrage qui les a chassés de leurs terres ancestrales.
Un jeune nubien de 14 ans s'est installé près du cocher. Il va jouer le rôle de guide personnel.
Après avoir traversé quelques rues animées du centre ville, nous nous engageons dans une petite rue qui monte vers les quartiers nubiens. Devant une maison, une vingtaine de femmes vêtues et voilées de noir émettent des cris aigus en se lamentant avec exubérance, ce sont des pleureuses.

...quelques ânes attelés à de modestes charrettes
  Ane, Assouan, EgypteArrivés en haut de la rue, le paysage change sensiblement. Les rues sont en terre battue, il n'y a plus de trottoirs. Les maisons sont petites et à l'évidence très modestes. Beaucoup d'enfants dans les rues, toujours pieds nus. Il n'y a pas de voitures, tout juste quelques ânes attelés à de modestes charrettes.
Au détour d'une ruelle, la rue s'agrandit un peu pour laisser la place à un tas d'ordures, sur lequel une douzaine de chèvres semblent chercher une maigre pitance. Le bruit des sabots des chevaux dans la poussière masque à peine le bourdonnement des mouches.
Plus loin, un autre espace libre est occupé par un petit manège de balançoires, surprenant dans ce lieu si pauvre. La femme qui tient ce manège, la mère de notre jeune guide nubien paraît-il, habite une sorte de tente de fortune au pied des balançoires. Quelques enfants se balancent vigoureusement en échangeant des rires et des cris.

... les boutiques regorgent de marchandises
  Les souks, Assouan, EgypteLes ruelles semblent de plus en plus étroites. Encore beaucoup d'enfants, mais là, ils doivent se plaquer contre le mur pour laisser passer les calèches, heureusement très lentes.
De plus en plus d'animation dans les ruelles. Des enfants, des adultes, assis par terre sur le pas de leur porte. Ici, deux hommes, nonchalamment adossés contre un mur fument le narguilé en nous regardant passer en souriant ; près d'eux, une vieille femme, tout de noir vêtue, nous fait un petit signe de la main.
La pauvreté évidente qui règne ici ne semble pas entamer la bonne humeur des égyptiens. Tous ceux que nous avons rencontrés étaient au pire fatalistes, mais jamais tristes ou renfermés.
Notre cocher nous engage dans une nouvelle ruelle. La rue s'élargit petit à petit, mais chaque centimètre gagné est aussitôt occupé par un étalage multicolore. Nous venons de pénétrer dans un souk !
Les étalages sont maintenant les uns sur les autres, pas une parcelle de rue n'est perdue. Il y a là des marchands d'épices (quelles odeurs enivrantes ! ), des marchands de soierie, de fer-blanc, de cigarettes, des montagnes de fruits et de légumes. Plus nous avançons dans la rue, plus les étalages sont garnis et plus les boutiques regorgent de marchandises.

    Façade, Assouan, EgypteMaintenant, les calèches avancent au pas pour se frayer un passage parmi les badauds.
Beaucoup de jeunes, nubiens pour la plupart, nous interpellent gaiement, sous le regard bienveillant des adultes. Les "compliments" qui reviennent le plus souvent sont "Madame Chirac !" ou " Vive la France !", ou, pour une femme blonde, "Ah ! Brigitte Bardot !".
Après avoir serpenté dans quelques rues, toutes plus odorantes, bruyantes et colorées les unes que les autres, nous débouchons sur une place, goudronnée, avec des voitures, des klaxons, des bars avec terrasses…, nous sommes sortis du quartier nubien.

...un arrière-gout de voyeurisme
  Façade, Assouan, EgypteJe recommande cette visite en calèche. Ce qu'on y voit est extraordinaire de vérité. Mais attention, ça laisse un arrière-goût de voyeurisme, teinté d'impudeur. Regarder la pauvreté avec le détachement bienveillant du touriste occidental n'est pas si simple qu'il y paraît…
Pour nous changer les idées, nous nous installons à la terrasse d'un bar pour y déguster un thé à la menthe, boisson nationale sans doute.
Ce que je vois sur la terrasse voisine ne manque pas de m'étonner. Un serveur consciencieux nettoie toutes ses tables avec une bouteille d'eau et une éponge. Je vous recommande la méthode : il boit une gorgée d'eau qu'il recrache en pluie fine sur la table en prenant bien soin de tout arroser ! Avis aux ménagères !
   



   
Marchand d'étoffes, Assouan, EgypteMarchand d'épices, Assouan, EgypteMarchand de légumes, Assouan, Egypte
   
Impressions fugitives des souks d'Assouan
   

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Dernière mise à jour le
28/10/2002
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